Un véhicule électrique impliqué dans une collision doit rester immobilisé pendant au moins 30 minutes avant que quiconque de votre équipe n'intervienne dessus ou à proximité. Et ce, dans le meilleur des cas. En cas de dommages visibles sur le boîtier de la batterie, de signes d'incident thermique ou d'incertitude quant à l'impact sur le système haute tension, ce délai est porté à 24 heures, voire plus.
Le problème fondamental est que les véhicules électriques ne se comportent pas comme des véhicules conventionnels après un accident. Les dangers ne disparaissent pas lorsque le véhicule s'arrête, et une voiture qui semble en bon état, garée tranquillement dans votre garage, peut toujours représenter un risque sérieux si les précautions nécessaires ne sont pas prises avant toute intervention.
Pourquoi un véhicule électrique éteint n'est pas forcément un véhicule électrique sûr
C'est souvent là que les problèmes commencent pour les ateliers. Le véhicule est hors tension, les écrans sont éteints et rien ne semble anormal. On pourrait facilement croire que le système haute tension s'est protégé de lui-même. La réalité est plus complexe.
La plupart des véhicules électriques sont conçus pour couper automatiquement le circuit haute tension en cas de collision importante, mais ce système repose sur des capteurs et des composants susceptibles d'être endommagés par le même impact qui est censé le déclencher. Un dysfonctionnement de ce système constitue un problème. Mais même lorsqu'il fonctionne correctement, le véhicule n'est pas immédiatement sans danger au toucher. Les composants haute tension, tels que les onduleurs et les chargeurs embarqués, contiennent des condensateurs qui conservent leur charge indépendamment de la batterie principale. Ces condensateurs peuvent maintenir des niveaux de tension mortels pendant plusieurs minutes après l'arrêt du véhicule, ce qui explique la durée minimale de 30 minutes.
Considérer un véhicule électrique éteint comme un véhicule électrique déchargé n'est pas seulement une erreur d'appréciation. Dans certaines circonstances, c'est même dangereux.
Comment les dommages causés aux batteries des véhicules électriques affectent les temps d'attente sécuritaires
Les collisions banales sont une chose. En cas de dommages visibles au boîtier de la batterie, la procédure doit être radicalement différente. Une batterie déformée, perforée ou soumise à une forte compression peut développer des courts-circuits internes générant lentement de la chaleur, sans aucun signe extérieur. C'est ce qui surprend. Il peut n'y avoir ni fumée, ni odeur, ni gonflement visible à l'arrivée du véhicule, et pourtant, les cellules internes accumulent de la chaleur, pouvant provoquer un incident thermique plusieurs heures plus tard.
En cas de collision avec suspicion ou confirmation de dommages à la batterie, il est recommandé d'isoler le véhicule à l'extérieur, loin des bâtiments et des autres véhicules, pendant au moins 24 heures avant toute évaluation ou réparation. Certains protocoles des services d'urgence et des constructeurs automobiles étendent ce délai en fonction de la gravité de l'impact. L'absence de symptômes apparents ne constitue pas une autorisation de procéder aux réparations.
À quoi ressemble la vérification avant le début des travaux ?
Une fois le délai d'attente écoulé, le travail n'est pas terminé. La vérification de l'état du système haute tension est l'étape suivante obligatoire, et cela implique bien plus qu'un simple contrôle visuel. Avant toute intervention sur un véhicule électrique suite à une collision, les opérations suivantes doivent être effectuées :
- Vérifiez que le véhicule est en position de stationnement et que le système 12 V est hors tension.
- Ouvrez manuellement le sectionneur de service haute tension à l'endroit où il est accessible sur ce véhicule.
- Laisser s'écouler la totalité du temps de décharge du condensateur.
- Utilisez un multimètre de catégorie III ou IV avec des sondes isolées pour vérifier que la tension aux bornes des composants haute tension se situe dans les limites de sécurité spécifiées dans la documentation de service.
- Veillez à ce que toute personne effectuant ces vérifications porte des gants isolants de classe 0 ou 00 tout au long du processus.
Ce dernier point mérite d'être souligné. Le port d'EPI est obligatoire lors de la vérification. L'objectif de la procédure est de travailler comme si le système était sous tension tant que l'état du compteur n'est pas connu avec certitude.
Flux de travail et documentation : le côté dont personne ne parle
Les protocoles de sécurité pour les collisions de véhicules électriques doivent répondre à des contraintes pratiques que les responsables d'ateliers doivent prendre en compte. Un véhicule immobilisé pendant 30 minutes ou 24 heures avant d'être évalué ne s'intègre pas facilement dans un flux de travail classique en réparation de carrosserie. L'espace de stockage, les procédures d'admission et la coordination entre l'expert et le technicien doivent tous intégrer ce délai d'attente avant l'arrivée du véhicule, et non une fois celui-ci déjà en atelier.
La documentation est tout aussi importante que la procédure elle-même. Un compte rendu écrit de la date d'arrivée du véhicule, du diagnostic initial, de la durée d'immobilisation et des vérifications effectuées avant les travaux constitue une preuve irréfutable en cas de contestation de la réparation ou de l'état du véhicule après réparation. Les ateliers qui se fient à leur compréhension orale ou à leur mémoire s'exposent à des risques qu'une simple liste de contrôle d'admission permettrait d'éviter.
En cas de doute ou en l'absence de documentation, considérez que le chronomètre n'a démarré qu'à l'instant où le véhicule est arrivé à l'atelier.
N'oubliez pas la batterie 12V après une collision.
Une fois le système haute tension vérifié et les réparations physiques entamées, le diagnostic de la batterie est essentiel pour une intervention réussie. La batterie auxiliaire 12 V d'un véhicule électrique est soumise à de fortes contraintes électriques lors d'une collision, lorsque les systèmes de sécurité s'activent et que les coupe-circuits haute tension se déclenchent. Une batterie déjà en fin de vie avant l'impact peut être endommagée ultérieurement de manière imperceptible jusqu'à ce que le client ait déjà pris la route. Une batterie auxiliaire défaillante empêche le véhicule de démarrer, quelle que soit la qualité de la batterie principale ; une situation que personne ne souhaite expliquer.
C'est une étape facile à négliger lorsque l'on se concentre sur la réparation structurelle, mais c'est aussi l'une des choses les plus simples à détecter avec les équipements et processus de diagnostic appropriés.
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